
La démarche artistique de Inuussia
Nos sources d’inspiration
Dès le début de cette recherche, nous avions l’intuition qu’il y avait un lien à faire entre les paysages nordiques et le théâtre d’ombres, l’immensité qui côtoie le minuscule et les petites marionnettes, l’incroyable force de vie des peuples du Grand Nord et le rôle de conteur au théâtre.
Notre démarche a confirmé nos intuitions et nous avons eu le désir d’approfondir la théâtralité du monde inuit, de l’intérieur, à partir du peuple qui l’habite. Au départ, nous pensions fonder notre recherche sur la solitude. Lors de notre processus de création, nous avons réalisé qu’il fallait plutôt relever le manque de solitude de ce peuple confiné dans de minuscules villages. Notre dramaturgie devait plutôt refléter le caractère unique de ce peuple qui était là bien avant le nôtre, son rapport quotidien à la survie et son urgence actuelle à transmettre sa culture à la nouvelle génération.
L’auteure et metteure en scène ainsi que certains membres de l’équipe de créateurs ont eu la chance de pouvoir entrer en contact avec la réalité du peuple inuit en se rendant à quelques reprises au Nunavik. Ces rencontres avec les artisans, les artistes, les adultes et les enfants inuits nous ont permis d’orienter notre démarche artistique de manière plus personnelle en nous laissant imprégner par les différents vécus de chacun et la réalité actuelle des villages modernes du Grand Nord québécois.
Merci à tous ceux qui nous ont ouvert leur maison, leur coeur et qui ont accepté de partager leur culture, leurs connaissances et leur vécu avec nous: Jessica Arngak, Nutaraluk French, Anni Alaku, Jimmy Iuquttuq et Lukasi Pilurtuut. Merci aux jeunes : Adami, Noa, Siassi, Elija, Mary, Thommy et Elisa. Merci aussi à tous les collaborateurs Quallunats : Daniel Lafleur, Martine Proulx et George Filotas.LES MÉDIUMS EXPLORÉS
La petite marionnette et l’objet
Nous nous servons des médiums de la petite marionnette et de l’objet pour incarner des personnages de la vie de la vieille femme. Tirilou, la blanchonne et la poupée sont des marionnettes, alors que des objets traditionnels inuits comme des tambours, des os et des pierres se transforment pour devenir des personnages du récit.
La musique en direct
La musique se fait à partir d’objets du quotidien des Inuits, os, pierre et eau, et d’instruments de musique acoustique : guimbarde, musique à bouche, boîte à musique et tambours inuits. Des effets sonores produits par une harpe d’eau faite à partir de verres d’eau représentent les aurores boréales et le chant des baleines est créé avec une guitare électrique, seule exception aux instruments acoustiques. De plus, nous intégrons à la musique des chants traditionnels inuits.
Le théâtre d’ombres
Le Grand Nord étant principalement composé de noir et de blanc, nous avons traité les ombres de ce spectacle comme étant de la lumière. Ainsi, certaines ombres sont des formes de lumières projetées sur les comédiens ; d’autres sont fabriquées en polycarbonate, un matériau qui s’illumine au contact des projecteurs intégrés au décor et aux instruments de musique ; d’autres encore sont des silhouettes noires qui se découpent sur différentes peaux de tambours.
La scénographie et les éclairages
Nous créons un lieu à la fois intime et vaste. La scénographie représente la banquise glacée et les icebergs perdus dans l’immensité de la voûte céleste. La transparence du matériau utilisé (le plexiglas) crée un espace pour la lumière qui nous permet de passer du froid de la glace à la chaleur des émotions.
