
Vite, vite, vite, la journée commence à un train d'enfer. Ce matin, maman est très pressée et Samuel ne comprend rien à cette précipitation. Il veut tout simplement jouer avec Nam son toutou tigre. « Va laver tes rôties, tes dents vont refroidir »… Les paroles de maman sont incompréhensibles aux oreilles de Samuel. Nam s'amuse follement alors que Maman bouscule tout et que Samuel crie à tue-tête. Ça suffit ! La crise éclate ! Des griffes poussent aux mains de maman et elle rapetisse à vue d'œil alors que son garçon chéri se transforme en un énorme tigre féroce. À bout de souffle, sa chambre sens dessus dessous, Samuel prend conscience de la place qu’occupe son tigre dans sa vie. Cachés sous son lit, tous les deux cherchent une solution. En imaginant l'histoire mythologique d'une déesse des colères et d’un chasseur de tigres, ils vont découvrir ensemble un nouveau terrain d'entente.
C'est une pièce de théâtre qui traite de la perte de contrôle chez l'enfant et l'adulte. La crise est un événement court et intense. Très présente chez le jeune enfant, qui doit apprendre à se contrôler et à se responsabiliser face à sa colère, la crise est une force qu'il croit extérieure à lui. C'est un thème très riche pour le théâtre d'ombres et de marionnettes parce qu'il permet "d'imager " toutes les transformations physiques et psychologiques des personnages.
Nous avons choisi d’explorer cet univers à travers les trois sous-thèmes suivants :
Le tigre tapi au creux de nous
La colère que portent les personnages de la maman et de Samuel est représentée par un tigre. Nam, le tigre de Samuel, vit à l’extérieur de lui et apparaît sous deux formes : un sac à dos toutou ou un énorme tigre d’apparence réelle. Il symbolise l’énergie destructrice de l’enfant qui perd le contrôle et ravage tout autour de lui. La relation entre Samuel et Nam est aussi forte que celle d’un enfant avec son ami imaginaire. Ils sont inséparables. Le tigre de la maman, lui, est un peu plus contrôlé. Ainsi, lorsqu’elle se fâche, seule une partie d’elle se transforme en tigre : ses mains en pattes « griffues », une queue de tigre pousse et son ombre se transforme en vrai tigre
Devenir un monstre pour l’autre
Quel parent n’a jamais dit que son enfant devenait un monstre quand il faisait des crises ? Les murs qui tremblent, la tête qui résonne de cris, la chambre complètement à l’envers, sont des images fortes qui nous permettent d’inverser les rapports entre la mère et l’enfant. Samuel a perdu le contrôle de son tigre, il devient monstrueux. La maman devient alors minuscule. Ce n’est plus la comédienne, mais une petite marionnette qui incarne maintenant la mère. Elle est de la taille d’un enfant par rapport à son petit garçon.
Apprivoiser sa propre violence
Parce que Samuel aime son tigre, il cherche une solution à ses crises. Caché sous son lit, à travers les draps, le théâtre d’ombres est alors au premier plan afin de mettre en images le conflit intérieur de l’enfant. La mère est présente par son chant, mais l’enfant est maître de ses décisions. Est-ce qu’il se laissera envahir par sa violence ?
LES MARIONNETTES
Pour cette production, nous mettons l’accent sur la transformation des marionnettes tout au long du spectacle. Ainsi, la marionnette de l’enfant arbore différents masques pour représenter ses émotions. Le tigre peut être tout petit en sac à dos, immense sur ses quatre pattes ou une ombre menaçante sur le mur. Des parties de la mère se métamorphosent en tigre selon ses émotions ou alors elle se transforme en une toute petite marionnette.
LA SCÉNOGRAPHIE ET LE THÉÂTRE D’OMBRES
Le décor a été conçu en fonction du théâtre d’ombres : les murs sont des écrans sur lesquels on peut projeter des ombres de l’arrière ou de l’avant. À l’avant des écrans, on peut voir la chambre de Samuel, la cuisine de l’autre côté et une porte. Tous les éléments du décor sont munis de roulettes afin de jouer avec les dimensions des pièces selon les émotions des personnages. De l’arrière, le théâtre d’ombres nous permet de passer du décor réaliste à l’univers onirique en passant par la jungle indienne.
LES AMBIANCES SONORES
Avec Michel Montreuil à la conception musicale, nous poursuivons notre démarche amorcée lors de la création de Nombril. La musique agit comme le personnage principal de l’action. Elle se fait tantôt plus discrète pour laisser place au texte, mais reste toujours présente afin d’approfondir la lecture des scènes. La musique a des influences indiennes inspirées par la provenance du tigre.
UNE PREMIÈRE ÉTAPE DE CRÉATION EN 2002-2003
Au cours de la saison 2002-2003, notre compagnie a bénéficié d’une résidence de création à l’Arrière-Scène, Centre dramatique pour l’enfance et la jeunesse en Montérégie. Cette première étape de recherche nous a permis de développer notre langage artistique et notre esthétique tout en vérifiant l’efficacité du texte de départ. En plus de bénéficier de l’aide dramaturgique de Monsieur Serge Marois, nous avons eu accès à un lieu privilégié pour explorer et mettre à l’essai les trouvailles de notre recherche. Nous y avons effectué deux représentations exploratoires devant notre public cible, soit les enfants de 3 à 9 ans et leurs adultes. L’atelier a reçu un accueil chaleureux et enthousiaste tant de la part des gens du milieu que du public en général. De plus, ces représentations nous ont permis de recueillir de précieux commentaires pour la production finale du spectacle.
LES PERSONNAGES
Samuel
C’est une marionnette. Un petit garçon de 5 ans très vif, rieur, coquin et explosif. Il est l’amour de sa maman, mais son enfer aussi parfois. Il adore son tigre imaginaire.
Nam
C’est une marionnette, lui aussi. C’est le tigre de Samuel. Il est représenté soit par un sac à dos toutou que Samuel accroche à ses épaules soit par un gros tigre de taille presque réelle, trois fois plus gros que Samuel. Dès que Samuel est frustré, Nam grossit. Il personnifie sa colère. Nam sait qu’il peut rugir tant qu’il le veut, ce n’est pas lui qui se fait chicaner.
La maman
Ce personnage est interprété par une comédienne. Le papa n’est pas à la maison au moment de l’histoire, il est déjà parti travailler. La maman a un travail qu’elle aime et pour lequel elle ne peut arriver en retard ce matin-là. Elle ne vit pas dans la même réalité que son fiston. Elle ne voit pas Nam, mais elle sait qu’il existe parce que son fils lui en parle souvent. Lorsqu’elle se fâche, une queue et des griffes de tigre commencent à pousser et lorsqu’elle est dépassée par la crise de son fils, elle rapetisse à vue d’œil et devient alors une toute petite marionnette à tringle.
Texte et mise en scène : Hélène Ducharme
Distribution : Manon Arsenault, Stéphan Côté et Marie-Christine Lê-Huu
ÉQUIPE DE PRODUCTION
Marionnettes : Jean Cummings, Sylvain Racine, Claude Rodrigue
Musique originale : Michel Montreuil
Éclairages : Michel Saint-Amand
Marionnettes d’ombres : Jean Cummings
Scénographie et accessoires : Marc-André Coulombe
Costumes : Diane Lavoie
Couturières : Sylvie Beaudoin, Catherine Lemieux-Boyer
Confection des perruques : Serge Deslauriers
Maquillage : Josée Pellerin
Clientèle cible: 5 à 9 ans
Nombre de spectateurs recommandé : 275 maximum
Durée du spectacle : 50 minutes
Niveau des spectateurs : avec ou sans gradins
Divers : Une partie du spectacle se fait en ombres donc l’obscurité complète est requise
AIRE DE JEU
Largeur : 8.5 mètres (28’), profondeur : 7.5 mètres (24’), hauteur : 4,5 mètres (15’)
Habillage: À l’italienne (3 paires de pendrillons + 3 frises)
Loge : Pour 3 personnes (accessible 1h30 avant la représentation)
ÉCLAIRAGE
36 gradateurs 2.4 kw ( protocole DMX 512 )
17 fresnels 1kw
27 lekos (projecteurs à découpe )varyfocal 25/50 ou 36°
4 portants(side-booms ou pieds de projecteurs) de 2m.
( 6’) minimum
11 supports à gobos
SON
1 Console 8 entrées
diffusion standard pour public (PA au cadre de scène)
2 moniteurs en coulisses
2 lecteurs DC (auto-cue)
1 micro (type SM58)
1 pied de micro
Montage : 8 heures
Démontage : 2 heures
Personnel requis au montage et démontage
Directeur technique de la salle + 5 techniciens
Personnel requis à la représentation
Directeur technique de la salle (ou remplaçant qualifié)
Sauf indication contraire, les besoins techniques doivent être assumés par le diffuseur
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