
Sources d’inspiration
Après avoir exploré, avec notre spectacle Inuussia, la femme-phoque, certaines caractéristiques et traditions du peuple inuit, nous avons découvert avec enchantement des similitudes culturelles frappantes chez certains peuples africains, les peuples du Sénégal et du Mali dans le cas qui nous intéresse plus particulièrement. La similitude entre ces cultures est-elle liée, paradoxalement, au rythme imposé par leurs climats extrêmes? Nous avons exploré leurs rapports aux conteurs et aux sorciers, l’appartenance des enfants au village et non seulement aux parents, leurs rituels initiatiques et leur références constantes aux sages, ainsi que l’importance pour ces peuples de transmettre leurs valeurs et leurs connaissances, essentielles‚ à leur survie, aux nouvelles générations.
Notre démarche artistique
Notre esthétique et notre recherche se sont orientées vers les trois thèmes suivants : la marionnette « percussive » les musiciens « en direct » qui sont à la fois créateurs d’ambiances et manipulateurs; la scénographie qui intègre le théâtre d’ombres, en lien avec différentes matières telles l’osier et le couscous.
La marionnette « percussive »
Plusieurs instruments de musique africains ressemblent déjà à des personnages. Lors de l’étape d’exploration, nous avons exploité leurs sonorités et développé un mécanisme marionnettique afin de leur donner vie. Ainsi plusieurs instruments comme la kora, le balafon, le piano à pouce, les shékeres et le bolon ont été utilisés comme parties d’une marionnette. Ayant élaboré différents prototypes de mécanismes de marionnettes à partir de l’exploration des instruments, nous avons ensuite réalisé les marionnettes finales du spectacle.
Des musiciens/manipulateurs
Nousvoulions parfaire l’intégration de la musique en direct sur la scène avec le jeu de comédien et de marionnettiste. Déjà, dans notre spectacle Inuussia, la femme-phoque, nous avions pu expérimenter une forme d’interaction entre les musiciens et la manipulation, mais cette fois nous voulions l’intégrer complètement de sorte que les instruments de musique joués sur scène puissent servir d’éléments de décors tout en accompagnant le jeu des marionnettes ou même devenir marionnettes eux-mêmes. Les comédiens doivent pouvoir jouer des instruments et les musiciens manipuler des marionnettes.
La scénographie qui intègre le théâtre d’ombres
Nous avons élaboré la scénographie autour de toiles peintes par M. Ismaïla Manga (Sénégal) et, à partir de l’idée d’un marché africain, nous avons exploité divers types de paniers et contenants ainsi que plusieurs sortes de graines, de fèves et de céréales, pour leur sonorité, leur couleur et leur potentiel à servir tant d’écran d’ombres que d’accessoires du spectacle. L’immense baobab peint par M. Manga qui occupe le centre du plateau nous sert à la fois d’écran de théâtre d’ombres et de coulisse.
L’esthétique des ombres
Nous voulions aussi explorer plus avant l’une de nos précieuses trouvailles : un écran d’ombres fait d’un rideau de pluie de sable, de couscous ou de riz.
